
Numéro : 183
Parution : Juin / Juillet 2017
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Depuis leur développement au début des années 80, les mâts et les bômes à enrouleur ont facilité grandement la manœuvre, mais n’ont pas été exempts de problèmes techniques, qui en ont fait reculer plus d’un au moment d’un potentiel achat. Faisons le point sur l’évolution et la manipulation de cet équipement, qui, à bord d’un multicoque moderne, a réellement du sens aujourd'hui.
Il faut bien avouer que sommeille en chacun de nous la petite pensée inavouable de ne plus devoir aller en pied de mât pour crocher le point d’amure du 2e ris, de ne plus devoir ravaler les kilomètres de bout de la bosse continue du 3e ris (forcement la plus longue), de ne plus hésiter à prendre le 1er ou le 2e ris, de ne plus devoir se dépêtrer du paquet de nouilles entassé au pied de mât ou dans le cockpit, et de pouvoir hisser (ou plutôt dérouler) sans que les lazy jack viennent entraver la manœuvre. Mieux, les lignes de votre bateau débarrassées des bosses, lazy jack et autres bags ne s’en trouvent-elles pas épurées ? Et puis, finie la corvée de pliage à l’affalage, qui, sur un catamaran, peut ressembler, parfois, à une acrobatie digne de trapézistes.
Soyez honnête, cette idée vous a déjà certainement effleuré l’esprit. Mais il faut bien dire que vous avez aussi entendu sur radio ponton beaucoup de mésaventures qui vous ont fait hésiter, voire renoncer à passer à la mise en pratique. Et tout d'abord le risque (réel) de coincer la voile dans le profil, ce qui peut arriver à la suite d’une mauvaise manutention de la bosse et du bout de bordure que l’on laisse filer sans synchronisation (ou des bouts qui relâchent avec le temps) dans le mandrin du mât. Ensuite, il y a le centre de gravité rehaussé sur un mât à enrouleur, du fait de l’enroulement de la voile dans les hauts. Enfin, la forme concave de la voile qui perd 15 % de surface est aussi rédhibitoire sur les multicoques, qui affichent toujours un fort rond de chute. Certes, la bôme à enrouleur remédie à ces problèmes, mais elle a aussi ses difficultés propres. Le creux de la voile peut faire des plis non résorbés qui s’enroulent dans la bôme, son angulation avec le mât doit être fixe et demande un hâle-bas rigide à gaz souvent incompatible avec les gréements implantés juste devant le roof. Et la ralingue peut s’enrouler sur elle-même et est soumise à de rudes frottements.
Mais voilà, la technique et les évolutions ont permis de considérablement améliorer le tableau ces dernières années, et la fiabilité est aujourd'hui au rendez-vous, pour peu que l’on respecte certaines règles. Et avec ce type d'équipements, les manœuvres peuvent s’exécuter en solo, ce qui n’est pas le moindre des avantages quand votre petite famille vous boude au moment d’appareiller ou de réduire la toile. Manœuvrable avec seulement deux bouts, un qui déroule et l’autre qui s’enroule, c'est d'autant plus facile que le winch électrique s'impose – il est impossible d’envoyer la grand-voile à la volée avec ce système et le temps de déroulement ou de hissage peut paraître long à la main. C'est simple et rapide, et il suffit de retenir de la tension dans le bout qui file (bosse, drisse ou bordure, selon le cas) afin qu’aucun pli ne se forme lors de l’enroulement, ou d’installer un frein de drisse.
Que demander de plus pour profiter des performances de son multi sans avoir besoin d'un équipage ...
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